Quand j'ai commencé à danser, je n'avais pas vraiment idée du rôle du chorégraphe. Faut dire que c'était pas du tout mon boulot, moi j'étais là pour bouger, point barre. Déjà, quand j'ai commencé à donner moi-même mes premiers cours de hip-hop, ça a commencé à changer. Mince, faut quand même que tout ça vive et s'enchaîne sans heurts et raconte quelque chose, sinon ça n'a pas de sens!
Et puis cette année, j'ai vu un extrait d'une pièce de Jean-Claude Gallotta; interprétation par le Jeune Ballet du CNSMD, quand ils sont passés à l'Astrée (le théatre du campus insalien). Et là, j'ai compris. Enfin, disons que j'ai pu entrevoir de quoi il s'agissait ^^ Environ une quinzaine de personnes sur scène, qui commencent à courir ensemble. D'abord ça suit des lignes, puis petit à petit ça dévie, ça bondit, ça marque des points de suspension en se basant sur le rythme des autres. Et des figures émergent, images d'une seconde, à nouveau englouties dans la marée du mouvement, des porters se construisent, retombent... Le spectateur est transporté. Le groupe est vivant, les individus ressortent avec toute leur force, la cohésion est parfaite. Ah oui, là j'ai senti qu'il fallait que quelqu'un ait construit tout ça. Wahou, fort le mec.
Danseurs et chorégraphe, une interaction indissociable. L'un fait vivre l'autre. Pour l'instant, j'aime trop danser moi-même et passer sur scène pour envisager un rôle de chorégraphe, mais je comprends que ce soit une évolution courante dans le métier, quand l'âge nous rattrape, ou qu'on a simplement envie de donner soi-même corps à des images qu'on a dans la tête (genre, un haka en talons aiguilles).