Comme je twittais à l'instant, qu'aurais-je fait si je n'étais pas par hasard tombée dans le hip-hop? Qui serais-je devenue? J'aurais pu passer plusieurs années, voire même ma vie entière, sans même soupçonner ce que j'étais capable de faire...
C'est arrivé complètement par un hasardeux concours de circonstances, mon amie Iris voulait commencer et elle nous a donc entrainées, Camille et moi, aux cours de l'Enclave (à l'époque, l'assoce de danse hip-hop s'appelait comme ça). Là, il y avait Suzy. Un feeling incroyable, une personne d'une grâce rare, on ne pouvait qu'être fasciné par elle, et en plus elle mettait la pêche à tout le monde. Elle nous a donné les bases, du lock, du pop, des pas de break, mais surtout elle nous a collé le virus de s'éclater.
J'ai commencé à m'éclater.
En plus apparemment ça rendait bien, ce qui m'a encouragé à continuer. Mine de rien, c'est vachement plus dur de persévérer quand personne ne nous dit qu'on s'en sort bien dans un truc.
Donc voilà c'était fait, même quand Suzy est partie de Gap c'était trop tard, j'étais devenue une habituée du gymnase Pasteur et j'y allais comme d'autres vont au bar ou à la messe, dans un état d'esprit particulier, et j'en ressortais avec la patate même si je pouvais prévoir mes courbatures du lendemain. Mon premier coup de coeur, et encore aujourd'hui ce qui me fait le plus planer, c'est le lock. J'ai complété au fur et à mesure, en travaillant par périodes sur d'autres techniques. Par exemple cette année je bosse plus de break, vu qu'il n'y a paersonne d'autre à Oyonnax qui fasse de la danse debout -.-"
Et puis surtout j'ai commencé à me sentir faire partie du mouvement hip-hop. Haha, dire qu'au collège je savais à peine ce que c'était... Si on m'avait dit à cette époque qu'un jour je pourrai faire la coupole (j'y suis presque mais ça viendra!) et une freez sur un bras, je ne sais pas si j'y aurais cru. Bref, j'ai découvert à travers la danse une culture underground riche et variée, qui s'est adaptée à un aspect très marqué des urbanisations des dernières décennies. J'ai appris à regarder les graffs comme des oeuvres d'art. J'ai compris les gens qui s'entrainaient sur des cartons dans des coins de rue, et surtout je me suis dit que ceux-là étaient des vrais, des mordus jusqu'au bout, des passionnés au sens le plus brut du terme, et que c'est grâce à eux si aujourd'hui le mouvement est vivant et aussi répandu. Je me suis renseignée sur l'histoire du hip-hop, la naissance du mouvement, les acteurs, les contextes.
L'état d'esprit originel, le vrai : "Peace unity love and having fun".
Parce que cet aspect là, c'est magique. Maintenant que c'est tellement répandu, dans n'importe quel pays on peut tomber sur des breakers qui font des shows dans la rue ou qui se retrouvent et s'entrainent sur le parvis d'un opéra (cf Lyon). Et il suffit d'être danseur aussi pour créer une connivence: il y a immédiatement une sorte de fraternité, "toi aussi tu kiffes comme ça, tu sais ce que c'est". Suffit de se poser, de s'étirer un coup, de faire quelques passes, et tu peux parler, échanger des conseils, voir ce que font les autres, participer aux cercles... C'est dingue. Absolument géant.
Donc voilà, maintenant ça fait partie de mon identité, je fais du hip-hop (entre autres activités). Je suis dans le hip-hop.
Imaginez, j'aurais pu faire de la tecktonik. Ca aurait changé la face du monde, et tous mes amis m'auraient reniée. Je l'ai échappé belle ^^